1792 dans le Faubourg

1792 dans le Faubourg

En 1792 dans le faubourgLes révolutionnaires ont supprimé les corporations, ne garantissant plus ni la qualité ni l’exécution de la production. D’autre part, le grand nombre de fortunes nouvelles accroît sensiblement la demande. Une demande qui, par manque de culture et de raffinement, ne se montre pas très exigeante et juge souvent un travail à son clinquant et à la rapidité de son exécution. Le Directoire, et c’est sans doute la raison pour laquelle il a donné son nom au style de l’époque, tente d’enrayer cet appauvrissement.

Dans le Faubourg

Quatre ateliers sur cinq sont fermés. Dans l’inaction, la passion du bois est anxieuse du lendemain et la clientèle s’est évanouie au son de la Carmagnole. Georges Jacob, reçu maître en 1765, est le plus célèbre et aussi le plus prolifique des menuisiers en sièges français du XVIIIe. Sur la vue, une bergère plaquée acajou estampillée Jacob D. R. Meslée. 1792 dans le FaubourgLe motif raccordant les accoudoirs au dossier est typique de la production de Georges Jacob.

Le dépouillement des meubles, amorcé à la fin du règne de Louis XVI à la suite de l’engouement pour l’art grec, ne fait que s’accentuer. La disparition des ébénistes oblige les fabricants du faubourg Saint-Antoine à simplifier les formes et les matériaux. 1792 dans le FaubourgLes meubles restent de structure Louis XVI, et ils ont des expressions peu variées sans aucune innovation spectaculaire. Élégants et gracieux, imprégnés de réminiscences antiques, ils annoncent l’Empire sans en avoir la lourdeur et la splendeur.

Enfin, pour le plaisir, je souhaite partager les lignes de cette commode en placage de bois de rose et marquetée de bois exotique. Elle est de la période 1770-1775 signée J. H. Riesener.

1792 dans le Faubourg

Cette photo, celle de la bergère ainsi que celle de la chaise en acajou proviennent du livre MOBILIER Le monde fascinant des antiquaires – éditions Céliv-